Désaccord entre Industriels et Producteurs...initié par le gouvernement !
La filière laitière subit actuellement une crise, avec pour toile de fond le désaccord entre industriels et producteurs sur le prix du lait. Au niveau national, les négociations des mois d'octobre / novembre n'ont pas permis d'aboutir à une issue acceptable pour tous. Pourtant un accord vient d'être signé.
Dans les Vosges, le problème touche fortement les agriculteurs qui craignent que les industriels du département, Bongrain Gérard au Tholy, Lactalis à Corcieux, l'Ermitage à Bulgnéville et Triballad à Neufchâteau, poussent à la baisse les prix du lait collecté. Faute d'obtenir satisfaction et pour exprimer leurs inquiétudes, les producteurs n'ont pas hésité depuis deux mois à multiplier les blocages d'accès aux sites de transformation du département, à bloquer les camions collecteurs et à mener des actions dans les supermarchés. Nous comprenons leurs démarches.
Autant de manifestations qui ne sont que le reflet des craintes des agriculteurs pour l'avenir de leur profession, d'autant que cela concerne près de 2000 producteurs dans les Vosges, dont 60 jeunes qui s'installent chaque année. Michaël Moulin, Président des Jeunes Agriculteurs des Vosges (JA) a d'ailleurs insisté sur la nécessité d'aboutir à l'issue des discussions sur les prix du 1er trimestre 2009 à un prix moyen à l'année, afin d'assurer une meilleure visibilité du marché et de son évolution.
De son côté, la Confédération Paysanne précise que la FNSEA/FNPL, la FNCL et la FNIL se sont mis d'accord hier pour faire baisser le prix du lait payé aux paysans de 25 euros/1000litres pour la fin 2008, puis de 45 euros (janvier et février 2009), et de 55 euros (mars), alors que les mêmes décidaient il y a un an, d'autoriser les dépassements de quotas de 15% pour la dernière campagne, qui ont entraîné des excédents de production. Pour la confédération paysanne, la FNSEA/FNPL qui refuse la présence des autres syndicats de producteurs dans l'interprofession, porte la responsabilité de cet accord. La Confédération paysanne, contrairement aux décisions européennes de supprimer les quotas, continue de proposer des solutions durables à cette crise laitière, dont la base est l'adéquation entre l'offre et la demande, au bénéfice des producteurs et des consommateurs.
La Fédération Départementale des Syndicats Exploitants Agricoles (FDSEA) s'en est ému. Alors que ses principaux leaders (comme J. Mathieu ou D. Gremillet) sont des élus UMP, n'oublions pas l'origine de la crise : la vision libérale des dirigeants de droite aux responsabilités en Europe et en France !
C'est la logique libérale à l'½uvre à Bruxelles comme en France qui est en cause
Cette situation, a été initiée par la décision très libérale de la Commission de Bruxelles de supprimer les quotas laitiers pour laisser le marché équilibrer l'offre, la demande et le prix du lait. La présidence de l'Europe, avec Nicolas Sarkozy, n'y a rien changé, elle a laissé faire. Or, sans régulation du prix et des quantités de lait, ce sera la loi du plus fort et les producteurs de lait désavantagés comme pour le lait de montagne dans les Vosges, disparaîtront. Pourtant ils sont un élément clé de notre économie montagnarde.
Les 2 et 3 juillet 2008, se tenait à Bruxelles un colloque du PSE (Parti Socialiste Européen) sur l'avenir de la Politique Agricole Commune, c'est-à-dire les futures dispositions législatives devant la gouverner, dans le cadre du "bilan de santé de la PAC" actuellement en discussion à l'échelle européenne suite aux propositions faites par la Commission européenne le 20 mai 2008. Etienne POURCHER, Conseiller Général et Président du Groupe des élus Républicains Et Socialistes au Conseil Général des Vosges était présent. Il a pu rencontrer la commissaire européenne à l'agriculture Mariann Fischer Boel. Pour lui, la suppression progressive des quotas laitiers pose problème. En effet, les petits producteurs vosgiens ne pourront pas être en mesure d'égaler la production de grosses exploitations bretonnes par exemple. Aussi, avec la baisse des prix que la fin des quotas laitiers induira, cela ne sera plus rentable. Le PSE ne peut accepter que la logique unique du marché régisse toute l'agriculture ; Etienne Pourcher a souhaité également que la commissaire européenne tienne compte de la spécificité du lait de montagne.
En France, c'est la Direction de la Concurrence du Ministère de l'Economie qui a refusé, dans sa logique elle aussi très libérale, tout accord ou entente entre producteurs et transformateurs sur le prix du lait. En effet, pour le gouvernement, seul le marché peut fixer le prix du lait. Or les accords passés avaient permis de ménager toutes les parties à travers des décisions équilibrées. Les plus gros consommateurs, comme l'industriel Entremont, ont usé prétexte de cette décision gouvernementale pour proposer un prix du lait à la baisse en 2008...
La logique libérale est en marche, il faut l'inverser, des Vosges à Bruxelles, sans oublier les responsabilités du gouvernement et de ses soutiens locaux !