Le 15 mai dernier, une conférence organisée au Centre des Congrès d'Epinal est venue confirmer les rumeurs d'une possible implantation future d'un grand groupe industriel allemand dirigé par Ralph Pollmeier, dans le but de créer une scierie de hêtre sur le site industriel de Nomexy, avec des millions d'Euros d'investissement, la création de 150 emplois et l'utilisation de 200 à 300 000 m3 de hêtre par an.
L'étude de ce projet ambitieux s'est d'abord tenue à huis clos le 20 décembre 2007 au Conseil Général des Vosges, en présence de Christian Poncelet, de Ralph Pollmeier, du Préfet Albert Dupuis, du député-maire d'Epinal Michel Heinrich et de Pierre-Olivier Drège, le directeur général de l'ONF.
Ce projet, vivement soutenu par Christian Poncelet, est loin de faire l'unanimité parmi les scieurs vosgiens. Les arguments avancés par le président du Conseil Général, la création de 150 emplois, le développement économique du territoire..., semblent peser trop faiblement dans la balance, au regard des conséquences que pourrait provoquer l'arrivée d'un géant industriel comme Pollmeier :
Au niveau économique tout d'abord. Certes la création d'une usine de cette ampleur est synonyme de nouveaux emplois. Mais qu'en sera-t-il des scieries lorraines de feuillus déjà implantées, qui représentent 25 entreprises et 247 emplois ? Ne risquent-elles pas, à termes, d'être écrasées par Pollmeier, faute de moyens suffisants pour le concurrencer ? Sous prétexte de vouloir développer l'activité locale, ce projet ne risque-t-il pas d'attribuer un véritable monopole au groupe allemand ? En effet, le prix du marché du hêtre risque d'être fortement influencé par cette nouvelle demande. Si cela est un bien (à la hausse) pour les vendeurs (communes, etc.), cela peut se révéler être une difficulté supplémentaire pour l'approvisionnement des petites scieries.
De même, sur le plan économique, les débouchés de cette nouvelle entreprise doivent être étudiés. Il serait dommageable que ses produits soient en concurrence avec ceux des petites scieries. En revanche, si ce sont des produits nouveaux pour le secteur, et de surcroît s'il s'agit de bois de construction (menuiserie, parquets...) stockeurs de CO2, alors le projet sera positif.
Au niveau écologique ensuite, la capacité annuelle de production de cette usine, annoncée à plus de 250 000 m3, ne va-t-elle pas susciter des problèmes d'approvisionnement en matière première ? Et quels seront les impacts sur les ressources forestières dans les Vosges et en Lorraine ? Si l'ONF a prouvé par une étude que le grand Est peut fournir le volume de hêtre, où va-t-il être collecté et par quel moyen sera-t-il acheminé ?
En conclusion, ce projet peut être bénéfique à notre département, pour peu qu'il réponde à des questions précises que nous venons de lister. La filière bois dans les Vosges ne coupera pas pour autant à un débat sur son organisation dans son ensemble...comme l'ordre du jour de la conférence du 15 mai semblait pourtant nous y convier...
L'étude de ce projet ambitieux s'est d'abord tenue à huis clos le 20 décembre 2007 au Conseil Général des Vosges, en présence de Christian Poncelet, de Ralph Pollmeier, du Préfet Albert Dupuis, du député-maire d'Epinal Michel Heinrich et de Pierre-Olivier Drège, le directeur général de l'ONF.
Ce projet, vivement soutenu par Christian Poncelet, est loin de faire l'unanimité parmi les scieurs vosgiens. Les arguments avancés par le président du Conseil Général, la création de 150 emplois, le développement économique du territoire..., semblent peser trop faiblement dans la balance, au regard des conséquences que pourrait provoquer l'arrivée d'un géant industriel comme Pollmeier :
Au niveau économique tout d'abord. Certes la création d'une usine de cette ampleur est synonyme de nouveaux emplois. Mais qu'en sera-t-il des scieries lorraines de feuillus déjà implantées, qui représentent 25 entreprises et 247 emplois ? Ne risquent-elles pas, à termes, d'être écrasées par Pollmeier, faute de moyens suffisants pour le concurrencer ? Sous prétexte de vouloir développer l'activité locale, ce projet ne risque-t-il pas d'attribuer un véritable monopole au groupe allemand ? En effet, le prix du marché du hêtre risque d'être fortement influencé par cette nouvelle demande. Si cela est un bien (à la hausse) pour les vendeurs (communes, etc.), cela peut se révéler être une difficulté supplémentaire pour l'approvisionnement des petites scieries.
De même, sur le plan économique, les débouchés de cette nouvelle entreprise doivent être étudiés. Il serait dommageable que ses produits soient en concurrence avec ceux des petites scieries. En revanche, si ce sont des produits nouveaux pour le secteur, et de surcroît s'il s'agit de bois de construction (menuiserie, parquets...) stockeurs de CO2, alors le projet sera positif.
Au niveau écologique ensuite, la capacité annuelle de production de cette usine, annoncée à plus de 250 000 m3, ne va-t-elle pas susciter des problèmes d'approvisionnement en matière première ? Et quels seront les impacts sur les ressources forestières dans les Vosges et en Lorraine ? Si l'ONF a prouvé par une étude que le grand Est peut fournir le volume de hêtre, où va-t-il être collecté et par quel moyen sera-t-il acheminé ?
En conclusion, ce projet peut être bénéfique à notre département, pour peu qu'il réponde à des questions précises que nous venons de lister. La filière bois dans les Vosges ne coupera pas pour autant à un débat sur son organisation dans son ensemble...comme l'ordre du jour de la conférence du 15 mai semblait pourtant nous y convier...

